À l’automne dernier, à notre arrivée, tu te préparais déjà pour l’hiver. C’est au printemps suivant que nous nous sommes rencontrés pour la première fois. Les dernières gelées étaient derrière nous et l’espoir d’un printemps généreux était porté par une brise légère, presque tiède. Nous nous sommes apprivoisés lentement, tout au long de l’été qui a suivi, au rythme des désherbages, parfois interminables, puis des récoltes, abondantes. Tu t’es doucement transformé, sous mes yeux émerveillés et ceux de mes enfants.

Un an a passé déjà. Les gelées sont revenues et le sommeil te gagne petit à petit. Tu nous manqueras amèrement quand, cet hiver, nous devrons nous résoudre à nous approvisionner au supermarché, à nous contenter de moins. Moins de choix, moins de qualité, moins de proximité.

C’était un bonheur, aujourd’hui, de te cajoler encore un peu et de te border tendrement, puis de te dire bonne nuit, mais surtout merci!

– Texte rédigé dans le cadre du Défi 30 jours 150 mots : Écrire au « tu » : s’adresser à l’évènement, petit ou gros, qui nous a rendu le plus heureux dans la journée –